On ne devient pas un guide incomparable parce qu’on a lu les bons livres ou suivi les bonnes formations. On le devient parce qu’à un moment — souvent un moment difficile — on a eu le courage de se regarder vraiment. De voir ce qu’on porte, ce qui nous anime, ce qui nous freine. Et d’en faire quelque chose d’utile pour les autres.
C’est de cela que ces modules parlent. Pas d’une méthode à appliquer. D’une présence à cultiver. Celle d’un thérapeute, d’un coach, d’un accompagnant qui guide parce qu’il sait ce que c’est que de chercher son chemin — et qui en est, lui-même, encore le témoin vivant.
Benoît et Mélany ne vous proposent pas un idéal à atteindre. Ils vous proposent quelque chose de plus rare : leur expérience brute, leurs doutes traversés, leurs certitudes gagnées pas à pas. Parce que les personnes que vous accompagnez ne se souviennent pas des techniques que vous avez utilisées. Elles se souviennent de la façon dont vous étiez là.
Je n’ai pas commencé dans la thérapie. J’ai commencé dans les hôtels.
Pendant près de dix ans, j’ai géré des équipes, des plannings, des conflits, des sourires de façade. J’étais bon dans ce que je faisais — peut-être trop concentré sur l’efficacité pour remarquer, au début, ce que je mettais de côté. Et puis quelque chose a commencé à se déplacer en moi. Je regardais mes collègues, mes clients, et je me posais des questions qui dépassaient largement le cadre de l’hôtellerie. Pourquoi certains encaissaient tout sans jamais dire un mot, jusqu’au jour où ils s’effondraient ? Pourquoi les mots de certains managers réparaient, quand les mots d’autres blessaient pour longtemps — parfois pour toujours ?
Ces questions n’avaient pas de réponse dans les formations que je suivais. Alors je les ai portées ailleurs.
La rencontre avec l’hypnose, en 2012, a eu l’effet d’une reconnaissance. Pas d’une révélation fracassante — plutôt un sentiment de rentrer quelque part. Ah, c’est donc ça que je cherchais à faire, intuitivement, depuis toutes ces années. En décembre 2012, j’ai créé mon entreprise. En janvier 2013, j’ai reçu mes premiers clients. J’avais peur — cette peur saine de celui qui comprend que ce qu’il s’apprête à faire compte vraiment. Depuis, plus de 3 200 personnes ont traversé cet espace avec moi.
Ce que j’ai appris à mes dépensOn peut accumuler des certifications — et j’en ai accumulé beaucoup, plus de 900 heures de formation certifiée. L’IFHE Paris pour l’hypnose ericksonienne et humaniste. Le Master Coach à Genève. Des modules de psychopathologie, de traumatologie, d’addictions, d’hypnose de l’enfant.
Mais je veux être honnête avec vous : aucune de ces formations ne m’a appris à rester stable quand un client pleure d’une façon qui résonne trop fort avec quelque chose que je porte. Aucune ne m’a préparé aux séances qui rouvrent, chez moi, une porte que je croyais fermée. Ce travail-là, je l’ai fait ailleurs — en analyse, en supervision, dans les erreurs que j’ai eu la lucidité de regarder en face plutôt que de les envelopper dans une explication confortable.
C’est ce chemin-là — celui du praticien qui n’arrête pas de travailler sur lui-même — qui est au cœur de ce que nous vous proposons.
Ce que je cherche dans chaque séanceJe travaille avec des personnes en burn-out, en deuil, en reconstruction après un traumatisme. Avec des addictions qui résistent depuis des années. Avec des angoisses qui ont tout envahi — le sommeil, les relations, le rapport au corps. Dans chaque cas, ce que je cherche n’est pas le symptôme à traiter. C’est la personne qui est derrière. Celle qui sait déjà, quelque part en elle, ce dont elle a besoin — mais qui n’arrive plus à s’entendre.
Mon rôle n’est pas de lui apporter la réponse. C’est de créer un espace assez silencieux pour qu’elle puisse enfin s’entendre elle-même. C’est cette vision que j’apporte dans ces modules.
J’ai grandi avec l’idée que l’art était une façon de vivre, pas un métier. Et puis j’ai compris que c’était exactement la même chose.
Les arts scéniques m’ont appris ce que peu de formations enseignent vraiment : être présente dans son corps au moment où ça compte. Sentir la salle. Sentir l’autre. Laisser quelque chose passer entre deux personnes sans le contrôler, sans le performer. C’est major de promotion à l’AICOM, entre Genève et Paris, que j’ai reçu ce cadeau.
La scène m’a donné une connaissance intime du corps comme premier langage. Avant les mots, avant la pensée construite, il y a le corps qui sait. Qui porte. Qui retient, parfois depuis très longtemps. Qui libère — quand on lui en donne enfin la permission.
Ce que les contextes difficiles m’ont apprisJ’aurais pu choisir des cadres rassurants. Quelque chose en moi a fait le choix inverse — et j’ai appris à lui faire confiance.
Accompagner des personnes atteintes de cancer au sein de l’association « À chacun son Everest » m’a appris une chose que je n’oublierai jamais : dans ces moments-là, les gens sentent immédiatement si vous êtes vraiment là ou si vous jouez un rôle. Tenir — pas être fort, tenir — c’est une solidité intérieure qui se construit dans le temps, pas dans les livres.
La clinique des Vallées m’a donné la rigueur. L’association HOPE m’a donné la persévérance. Et la journée Mieux-être du palais Lumière d’Évian — pour le personnel soignant d’un hôpital — m’a confirmé quelque chose d’essentiel : ceux qui prennent soin des autres sont souvent ceux qui prennent le moins soin d’eux-mêmes. Soigner ceux qui soignent, c’est une urgence silencieuse. C’est l’une des raisons profondes pour lesquelles ces modules existent.
Ce que je veux transmettreDans ces modules, je n’apporte pas de la théorie sur l’art-thérapie. J’apporte ce que j’ai vécu — dans les salles de clinique, dans les cercles d’ateliers, dans les moments où quelqu’un qui ne parlait plus depuis des mois a soudain trouvé un geste, une couleur, un son, et a commencé à revenir à lui-même.
Ce que le corps crée avant que le mental ne comprenne est toujours en avance sur nous. Apprendre à lui faire confiance — et à apprendre à nos clients à lui faire confiance — demande une qualité de présence que personne ne peut vous donner. Vous devez l’habiter vous-même, d’abord.
On pourrait croire que Benoît et Mélany viennent de deux mondes différents. L’un, hypnothérapeute clinique, ancré dans la rigueur du travail avec l’inconscient. L’autre, artiste et thérapeute, ancrée dans la vitalité du corps, dans la dimension sensorielle et créatrice de ce qui nous traverse. Et c’est vrai — nos chemins ne se ressemblent pas.
Mais ce qui nous a réunis est plus fort que ce qui nous distingue.
Nous partageons la même conviction : les meilleurs guides ne sont pas ceux qui ont les meilleures réponses. Ce sont ceux qui savent être là — entièrement, authentiquement, sans masque. Ceux qui ont travaillé sur eux-mêmes assez honnêtement pour ne pas projeter leur propre histoire sur celle de l’autre. Ceux qui connaissent leurs angles morts — pas pour s’en excuser perpétuellement, mais pour ne pas les infliger silencieusement.
C’est pour ces personnes-là que ces modules ont été conçus. Pour les thérapeutes qui veulent aller plus loin que la technique. Pour les coachs qui sentent qu’il leur manque quelque chose. Pour tous les accompagnants qui ont compris que ce qu’ils donnent aux autres ne peut venir que d’un endroit en eux qui est réel, vivant, habité.
Le passeur est celui qui sait qu’il est second, et non premier, et qu’il a reçu une mémoire énorme. Il sait également qu’il n’est pas le dernier et qu’il doit transmettre. — Armand Abécassis
